Machine à coudre Treffen

Machine à coudre Treffen

par Jacquou|2022|0 commentaire

Le Machine à coudre Treffen AN I (par Louis-Ferdinand Deltoïde).

J'avais organisé deux rassemblements motocyclistes de haut niveau, qui resteront gravés à tout jamais dans la mémoire des participants. Ils furent indéniablement de grandes réussites. Pour nos petits lecteurs, trop jeunes à l'époque pour avoir connu ces réunions mythiques, je résume succinctement celles-ci organisées il y a deux et un an :
— Le TOUSEULTREFFEN qui ne réunissait qu'un seul et unique participant dont l'organisateur (moi).
— Le PERSONNETREFFEN qui ne réunissait aucun participant dont même pas l'organisateur (moi).

Ne reculant devant aucun sacrifice, je décidais de me lancer dans une nouvelle aventure, ô combien périlleuse ! J'abandonnais femme·s et enfant·s pour me consacrer à cette tâche titanesque, digne d'un Héros de la mythologie grecque, le 13ème travail d'Hercule : organiser un rassemblement motocycliste sans motocyclette mais avec des machines à coudre. Bien entendu, les machines à coudre devaient venir par la route et non pas sur des remorques !

Ah ! les machines à coudre, voilà du matériel autrement plus excitant que les autres machines de transport, motocyclettes, automobiles, aéroplanes ou autres trottinettes à vapeur ! TERMINÉES les motos qui pètent plus encore que les résidents des EHPAD, qui puent encore plus que le chien du voisin ! Ce serait une concentre motocycliste de machines à coudre !

D'abord, le nom du rassemblement. Après avoir réfléchi de nombreuses nuits sans sommeil, je choisis un nom ésotérique , incompréhensible pour les non initiés, je cite : le Machine à coudre Treffen.
Je lançais les invitations, soit 328,5 invitations. (je précise ici que la demi invitation était destinée à un pote cul-de-jatte, celui-ci n'ayant besoin que d'une demi invitation). Tous me répondirent avec un plaisir non dissimilé. Mon pote cul-de-jatte, m'envoya une demi réponse.
Les potes étaient au rendez-vous. Les machines étaient diverses et de toutes époques. Certains n'avaient pas hésité à se taper deux ou trois cents bornes sur leur machine à coudre à pédales ! La plupart des machines, cependant, étaient plus modernes et électriques. J'avoue que, pour moi, prendre l'autoroute sur une vénérable SINGER à pédales demande beaucoup de courage. Je préfère, comme beaucoup d'entre nous, rouler sur une machine à coudre électrique. Plus rapide, et surtout moins fatigante.
Sur le parking on trouvait beaucoup de PFAFF. Ah ! La « deutsche Qualität » ! D'ailleurs, inutile de préciser que les potes qui roulent en PFAFF, ont souvent aussi dans le garage une motocyclette BMW. Quand on roule allemand en bécane, on roule aussi allemand en machine à coudre.
Les SINGER de tous types étaient, bien entendu, très représentées. Certaines étaient attelées. J'ai, moi-même, roulé beaucoup en SINGER avant d'acheter mon "sporster". L'avantage c'est qu'on trouve un peu partout des concessionnaires SINGER, tant sur l'autoroute que le long des petites routes. Et puis, toutes les SINGER sont homologuées side-car. D'ailleurs on nomme souvent le passager du side, le "Singe", en hommage à la marque.
Bien entendu pas mal de machines japonaises, des JUKI. La guerre entre les machines à coudre jap et les non-jap est bien finie depuis les années 80. Certains modèles de JUKI sont très rapides. Ils dépassent 6000 points-minute ! Ah, il y en a eu des accidents de machine à coudre avant les limitations de vitesse ! Et puis avec le nouveau permis, les jeunes conducteurs de machine à coudre ne peuvent piloter que des machines avec un max de 1200 points-minutes !
Il y avait aussi des pikers et les Pikers roulent en BROTHER, c'est bien connu. Les Machines américaines sont toujours l'apanage des MCC (Machine à Coudre Club). Les pikers portent les couleurs sur leurs jaquettes et beaucoup de MCC sont "suport" des Laisse Angelle, connus dans tout le milieu des machines à coudre. Et puis, entre-eux, ils s’appellent Brothers, en hommage à leurs machines à coudre. On sait tous qu'ils se la pètent mais leurs machines à coudre tombent souvent en panne de coupe-fil, d'enfilage d'aiguilles ou de remplissage de bobine.
Quelques potes un peu fauchés étaient venus aussi en SILVERCREST achetées chez LIDL. Ça frime pas, ça fait du bruit, ça va pas vite, mais ça vous étale des kilomètres sans faiblir, un peu la MZ des machines à coudre.
Et puis deux ou trois BERNINA suisses. Alors là, bien sûr, c'est le luxe incarné ! Les potes ont cassé leur tirelire pour se payer des BERNINA. C'est cher peut-être, mais ces machines possèdent un guide-brodeur à faire pâlir n'importe quel passionné de mécanique de précision. Et tenez-vous bien, il y avait garé une BERNINA surfileuse et , à côté, une BERNINA surjeteuse ! La grande classe ! Une surfileuse, un rêve de gosse ! Vous verriez la tête des automobilistes lorsqu’ils se font doubler par une surfileuse ! A côté les grosses Harley semblent fadasses, c'est peu dire !
Mon pote cul-de-jatte, ne pouvant tenir sur une machine à coudre (même attelée) était venu en fer à repasser, véhicule exceptionnellement accepté, vu les circonstances.
J'ai dû refouler un gars (non invité) venu en machine à laver avec hublot latéral. Ah non alors, faut quand même pas exagérer !

Le soir, un orchestre jouait des rocks endiablés comme "Papa pique et maman coud" ! Le dimanche matin, balade dans le village : plus de 300 machines à coudre (et un fer à repasser) à la queue leu leu dans le bled ! Les autochtones étaient ravis ; quel spectacle ! Autrement plus excitant qu'un défilé de motocyclettes qui pètent et qui puent !
Nous eûmes même la visite des journalistes de Cousu-Mains, de Modes et Travaux et des Chevaliers Errants. Gloire !

Eh bien, le Machine à coudre Treffen AN I fut une réussite. Vivement l'année prochaine.

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