BARÁTSÁG (partie 1)

BARÁTSÁG (partie 1)

Texte de Christian Beasley | 2021 | 0 commentaire

Frustré de pratique(s) motocycliste(s) pendant un an lors de mon service militaire à Berlin-Ouest, c'est à mon retour — libération disait-on à l'époque — en juillet 1973, que l'idée de créer et d'organiser mon propre rassemblement motocycliste pris réellement forme. A vrai dire, elle trottait déjà depuis un long moment dans un petit coin de ma tête ou plutôt de mon cromwell.

Après la germination, fallait donc passer à l'éclosion ou, autrement dit, après la gestation fallait procéder à l'accouchement. Afin d'éviter tout surrégime, au risque de tordre une soupape d'échappement, je me mis au travail, plein pot et la poignée dans le coin !

À cet effet, j'avais comme principal et idéal modèle celui du regretté Michel Perdrix, avec qui j'avais noué une profonde amitié et complicité, notamment lorsqu'il me demanda de l'accompagner, dès l'origine, dans les repérages et l'organisation du premier Rassemblement libre des Millevaches de 1969.

Dans un second temps, j'avais aussi l'exemple de certains rassemblements auxquels j'avais participé depuis 1968, du moins de ceux dont j'avais apprécié l'esprit et qui étaient, à mon sens, dignes d'intérêt.

Voilà donc pour le cadre général, passons maintenant au concept et à l'organisation.

■ Inviter des motards que je connaissais personnellement, que je côtoyais régulièrement et qui savaient se comporter " sainement " et en " gentleman ", par et pour leur calme, leur courtoisie et leur " sobriété ", ainsi que par et pour leur probité de pensée et leur propension à la bienveillance, à l'entraide...

À ce sujet, je n'étais pas tout à fait en accord avec Michel Perdrix et ceux qui souhaitaient constituer une Confrérie des Chevaliers motocyclistes. Sans doute à cause de ou grâce à mon esprit rebelle, anticonformiste et contestataire, ou à mon éducation et mes convictions politico-syndicalo-anarcho-libertaires — « Ni Dieu ni maître ! » —, ou bien encore à ma naturelle méfiance des sectes et du danger de leurs dérives, toujours est-il que la dénomination de cette association confraternelle me paraissait pompeuse, moyenâgeuse et quelque part injuste et trop sélective, voire antisociale. Il est évident, que faire partie de cette " confrérie " devait fasciner l'égo de certains motards en se projetant dans une espèce de jeu de rôle(s), en s'octroyant, en usurpant un titre de noblesse archaïque, digne de celui des Chevaliers de la Table ronde, des Chevaliers teutons, de l'Ordre de Malte et de la Jarretière réunis..., sans oublier ceux du ciel, du fiel ou du fuel. Tous espéraient prétendre, sans doute, à être décorés de la Légion d'honneur, de la médaille du Mérite agricole et de la patrie reconnaissante... Et, cerise sur le Graal, pourquoi pas entrer dans les plus grandes loges maçonniques ? Hein ! Auraient-ils été jusqu'à organiser une " concentration " en Terre Sainte, à Jérusalem, précédée d'une " croisade " à la place d'un zielfarht ?

■ De mon temps — était-il aussi le tien ? —, il était de coutume lorsque des motards se croisaient sur la route, de se saluer d'un geste amical de la main gauche (ou droite, si tu étais en Grande-Bretagne), plutôt que d'un éventuel appel de phare, d'autant que nos motos ne le pouvaient techniquement pas. C'était une façon simple et courtoise de se dire « Bonjour ! » et, de plus, par ce salut, de signaler à l'autre que l'on partageait la même passion et les mêmes valeurs. 11 était aussi d'usage de s'arrêter si l'on voyait un motard en panne ou en difficulté. La bonne idée avait même été émise d'accrocher un chiffon rouge au guidon de sa machine si l'on avait besoin d'aide urgente. Que reste-t-il de tout cela de nos jours ?

[ à suivre ]

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