Michel Fialeix

Michel FIALEIX

Amiens 01/05/1956 — Pierre-Bénite 21/04/2015

— par JP Cori :
Nous sommes en 1970, j’ai 13 ans, en ce printemps dont je ne me souviens plus s’il était ensoleillé ou pas, je déambule dans les rues de mon village, Harbonnières , situé dans la Somme au beau milieu du Santerre.
Ce n’est pas qu’on s’ennuie, mais les distractions ne sont pas légion. Il y a bien le fils du boucher qui affole les rues avec sa BSA 650, le petit jeune marchand de cycles et autres mobylettes presque en face de chez moi, mais finalement pas grand-chose d’enthousiasmant, 2 ans après mai 68, un comble !
C’est alors, un peu comme la floraison des premières jonquilles que se produisent simultanément 2 événements : un copain d’école s’est « offert » un magazine LUI où s’exposent de jolies plastiques en triptyque, mais surtout il présente un poster-panel de toutes les motos japonaises disponibles sur le marché : des chromes en veux-tu en voilà, des pots en 1, en 2, en 3 et des couleurs, des couleurs… J’avoue que pour cette fois, les « 95D » ont bien vite disparu de ma vision. Vision qui une fois les yeux enfin levés, voit passer un ORNI (objet roulant non identifié) avec un angle, ma foi, fort prononcé dans le virage de l’église. Une belle petite machine emmenée de main de maître par un gamin de mon âge : il s’appelle Michel FIALEX, c’est le fils du directeur de l’usine locale.
Quelques jours après, sur la place du jeu de paume, grâce à des copains communs, on fait connaissance et nous voilà parti pour un bon moment à discuter de ces pétrolettes qui commencent à nous passionner. Je connaissais un peu les FLANDRIA, MALAGUTI et autres pisse-feu, mais pas le HONDA PS50 rouge avec sa belle selle biplace. Par la suite, lors des fins de semaine, car Michel est pensionnaire à Amiens, nous partons par monts et par vaux sur les petites routes de campagne en tentant d’éviter la maréchaussée qui régulièrement nous renvoie à nos foyers respectifs, si possible à pied car être à 2 sur un cyclo était interdit ! Mais bon, étant respectivement le fils du directeur de l’usine et celui de l’école, on pouvait bien se permettre quelques libertés, non ?
Déjà, mon camarade montrait un super coup de guidon et une facilité à susciter toutes sortes de rencontres motocyclistes, ce qui lui permettait d’essayer toutes les bécanes qu’on voulait bien lui prêter (sans le permis, mais 50 ans après, on s’en fout). Rien d’étonnant à ceci quand on a un oncle rallyman et d’adorables grands-parents qui tiennent une échoppe d’accessoires auto-moto pas loin de la gare d’Amiens. Justement, certainement aidé par ceux-ci, Michel réussit à acquérir une superbe YAMAHA YDS7 noire et or. Mais là, Papa se fâche tout rouge et la belle est consignée en attendant l’obtention du fameux papier rose. La suite va montrer que ce n’était pas une bonne idée.
En effet, avec l’explosion de la moto loisirs et sa mise à la mode, tout le monde en a une : passionnés, poireaux, frimeurs… Et le niveau de conduite mal préparé est bien inégal. En cette période, grâce à ces engins, les internes ont pris l’habitude partir en virée le jeudi ou même de rentrer faire un tour chez eux et Michel ne fait pas exception. Un de ces 4 jeudis, toujours privé de sa YAM’, il embarque derrière une CB350 carénée pour venir faire un tour au village. Au retour, au croisement de la petite route et de la nationale, on ne saura jamais si le conducteur a grillé le stop ou s’il a cru avoir le temps de passer, quoiqu’il en soit le choc a été terrible ! Le passager a subi un grave traumatisme crânien avec plusieurs semaines de coma. Encore heureux qu’il portait le casque de son oncle, un AGV auto type jet, bien plus solide que les bols habituels. S’ensuivit une longue convalescence, puis un retour progressif sur les routes avec sa belle YAMAHA qui l’a attendu. La passion est toujours là, mais l’équilibre du funambule qu’il était ne reviendra jamais comme avant, nous étions tous tellement persuadé que Michel allait nous faire une brillante carrière de champion.
En juillet 72, je pars aux chamois à Pra-loup, puis mes parents déménagent à Amiens, là où je rencontrerai GUEGUETTE et sa mob side-car, mais c’est une autre histoire.
Pour terminer, ce premier chapitre à la mémoire de Michel FIALEiX, je garde cette image gravée d’un brave 175 MOTOBEC monocylindre, gréé avec un guidon racing, mené bien au-delà de ses limites par un extra-terrestre coiffé d’un des premiers casques intégraux, vert pomme à visière fumée (toujours merci Papy Mamie).
Ciao l’artiste.

— par Gueguette :
C’est fin 1972 ou début 1973 que j’ai croisé Cori dans Amiens , lui sur un PS50 Honda et moi sur ma « Bleue » … On s’est regardé… Nous «étions en Barbour !!
C’est quelques mois plus tard, quand j’ai eu ma 250 Yamaha que je suis allé à Harbonnières avec Cori en passager pour rencontrer Michel.
Nous avions la même passion : rouler à moto !!
Nous avons fait ensemble de nombreuses concentrations et il m’a invité aux 2 rassemblements du Ravioli…
Suite à ça, nous avons créé le MC Samara en 1975 avec l’aide de certains membres des Raviolis, du Méga Club et d’autres clubs… Bizarrement, il n’a participé à aucune organisation…
Il eut ensuite un grave accident de voiture et nous nous sommes perdus de vue, j’avais quelques nouvelles quand je passais voir sa mère à Harbonnières.
Nous nous sommes retrouvés en 2014 et nous avions de nombreux projets, mais il fut rattrapé par un cancer et décéda en 2015…

— par Thierry Personne :
J'ai rencontré Michel au début de l'année 1974. C'était par l'intermédiaire (mais je ne suis plus certain) d’Yves THOMAS (Ch'Bilou) avec qui j'étais au lycée en 72. J'ai bien sûr fait partie des Raviolis et étais là lors des deux rassemblements libres à Boussicourt (entre Davenescourt et Pierrepont-sur-Avre dans la Somme près de Montdidier).
Cette même année, je suis allé avec Michel au rassemblement Vernolien à Verneuil-sur-Avre (Eure) et au Lemovice Moto (près de Limoges… évidemment). Je crois l'avoir rejoint aussi à La Chaux de Fonds, je ne me souviens plus très bien.
Puis en 1975, ce fut la création du SAMARA puis je l'ai perdu de vue. Je n'ai eu des nouvelles de lui que bien plus tard, par Guéguette qui avait retrouvé sa "trace".
Ainsi va !

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