TOUSEULTREFFEN

La plus petite concentre du monde (Par Louis-Ferdinand Deltoïde)

Je décidais d'organiser une concentre de motos ! Plus le nombre d'invités est important, plus l'équipe d'organisation doit être importante. Étant seul à organiser, sans l'expérience nécessaire non plus, il me sembla que je devais restreindre le nombre de participants. En effet s'occuper de tous les préparatifs relève d'un réel défi pour une personne seule (même motivée, cela va de soi). C'est pourquoi, après mûre réflexion, j'optais pour un nombre de personnes à inviter qui me paraissait raisonnable : une seule !

Mais qui inviter afin que personne ne se sente oublié ?

Bref... Réflexion faite, afin de ne froisser personne, je trouvais la personne à inviter : moi-même. Oui, m’inviter à ma propre concentre avait de multiple avantages. En effet d’une part, je me connaissais relativement bien car je l’apercevais chaque matin dans le miroir, en face moi, lorsque je me rasais. Et bien qu’on ne se connaisse jamais totalement, il me semblait malgré tout, que je puisse me faire confiance. D’autre part, la proximité géographique de ma propre personne vis-à-vis de moi-même restait un atout indéniable en cas de pépin. Si l’organisation devait ramener le participant chez lui, suite à un malaise ou une panne moto, c’était déjà fait. Je trouvais le nom : "Touseultreffen".

Donc, j’écrivais le plus lisiblement possible la liste des invités, rapidement remplie. Je préparais une invitation en bonne et due forme, le plan d’accès y était joint ainsi que la demande de 30 € de participation. Je postais la lettre.

Le surlendemain, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir une invitation pour une concentre qui se déroulerait chez moi. Je m’envoyais le soir même par retour du courrier, un chèque de 30 €, espérant qu’il ne soit pas trop tard et qu’il reste encore de la place pour cette concentre. Je reçu deux jours plus tard le chèque de 30 € que je portais à ma banque. Cet abruti de banquier ne comprit pas pourquoi je voulais débiter mon compte de 30 € pour le créditer de 30 €.

Départ. Bien que la distance soit assez faible, puisque mon garage fait partie de la maison où devait se dérouler la concentre, je préférais mettre toutes les chances de mon côté et prenais combine de pluie, sur-bottes et tutu-quanti. Je me mis en route. En fait, vu le nombre de mètres qui me séparait du camping de la concentre, environ dix ou douze, je ne mis pas le moteur en marche et poussais la machine jusqu’au lieu du rassemblement.

A l'arrivée, je m'accueillis chaleureusement. Je me donnais un carnet de tickets boissons et l’autocollant de la concentre. J’avais opté pour un autocollant publicitaire du Super U d’à côté. Ça irait bien et puis, sur un pare-brise moto ça met de la couleur. Je pensais qu'à la prochaine édition un patch en tissu serait prévu (pub Leclerc ou Carrefour).

J'allais planter ma tente. J’avais le choix entre la planter entre un rang de haricots verts et un rang de salade batavia ou devant la porte de la cuisine, sous le prunier. J’optais pour la seconde solution. L’avantage était que j’étais plus près des chiottes situées dans la maison. Il n’y avait qu’un chiotte, j’espérais que l’influence n’allait pas conduire à une occlusion de plomberie intempestive ! Mais je me dis que l’organisation avait dû tout prévoir !

J’avais acheté un pack de bière Kro Grand-Cru, un pack de Coca et une bouteille de jaja 13,5°. Vu le nombre de participants, cela devait suffire. Pendant l’apéro je discutais avec moi- même de choses et d’autres tout en picolant allégrement. Enfin, vers 22 heures le repas fut servi : deux boites de cassoulet William Saurin. L'organisateur et le participant partagèrent ce repas royal arrosé de kil de rouge. Un dessert surprise fut ensuite proposé : un yaourt aux morceaux de fruit Nestlé ! Et, tenez-vous bien, au choix entre fraise, ananas, cerise et framboise. Comme je m’entendais bien avec l’organisateur, j’ai eu droit à deux yaourts (framboise et ananas). Ah, je repensais alors aux concentres de notre jeunesse où nous devions emmener nous-même nos boîtes de cassoulet ! Les temps ont bien changés !

Après, ce fut le concert qui dura tard dans la nuit : J’avais mis des CD des vieux rocks qui tachent. Je regardais la piste de danse (j’avais poussé la table de la cuisine) et, c’est un peu dommage mais il n’y eu pas de danseur, vu que je ne sais pas danser. Ca fait rien ! L’ambiance était là ! A nous, on est pas des tristes, au bonheur des dames !

Je rejoignais ma tente vers 3 heures du mat’ et m’endormis du sommeil du juste.

Comme je n’avais pas de voisins, aucun ronflement inopportun ne vint me réveiller.

Le matin, l’organisateur et le participant avaient, de concert, la même gueule des grands jours ! Heureusement un bon petit déjeuner nous remis sur pieds. Comme il avait plu, je repliais la tente mouillée. Comme le temps restait incertain, je préférais rentrer rapidement et je fis mes adieux à l’organisateur. Celui-ci me souhaita bonne route.

Je poussais la moto sur les quelques mètres qui me séparaient de mon garage. Il était tant ! La pluie recommençait à tomber. Faire de la longue route sous la pluie, crotte alors ! Trempé, fatigué mais heureux, content d’être (enfin) arrivé je mis à sécher ma tente dans le garage. Je retrouvais sur les graviers un piquet de tente oublié. J’irai me le redonner un de ces quatre ! La concentre s’était bien déroulée, le participant n’a pas trop été chiant et l’organisateur a bien assuré. Vivement la prochaine édition !