LA TUMULTUEUSE NAISSANCE DE LA FFM...

texte Antoine

FFM Fédération Française Motocycliste

Pourquoi insérer la « Fédé » dans la rubrique des Clubs, me direz-vous ? Eh ! Bien en lisant ces lignes vous apprendrez, qu’en fait ce sont les Clubs qui ont souhaité se fédérer !
Cette FFM, on la connaît forcément de loin ou de près… Alors comment s’est-elle façonnée ?
A la fin du 19e et au début du 20e siècle, il existait une caste nommée ACF, pour Automobile Club de France. Cette instance « quasi nobiliaire » n’était atteignable qu’à un cercle très restreint de richissimes sociétaires.
Très tôt, à la fin du 19e siècle, cette confrérie organisait des courses sur routes, tels les Paris-Dieppe, Paris-Berlin, etc.
Devant l’essor pris par la « bicyclette à moteur » et en concomitance avec le déclin des tricycles, l’ACF accepta d’inscrire à ses manifestations ces utilisateurs de cycles à moteur. En réalité cette permission ne fut octroyée que dans l’intention de réguler et de superviser cette activité, qui, par le fait, se retrouva assujettie à la délégation sportive de l’ACF !
Mais, dès que possible, les motocyclistes ambitionnèrent des critériums qui leurs seraient réservés. Ainsi des Clubs se constituèrent, tels le MCF (Motocycle Club de France) ou le MCM (Motocycle Club de Marseille), ce dès l’année 1903. Mais ils ne pouvaient rien orchestrer sans le bon vouloir de l’ACF.
Ce qui devait arriver, arriva ! Certains Clubs refusèrent cette domination, à l’instar du MCF. Au contraire, d’autres, proches des constructeurs, acceptèrent cette vassalité, tels l’ACF (Autocycle Club de France) ou le TMC (Touring Motocycle de France). Nous étions alors au début des années 1910 et cette révolte déboucha sur la constitution de la FMF, pour Fédération Motocycliste de France.
Contre toute attente, après de mystérieuses tractations et d’énigmatiques compromis, appelés « lobbying » de nos jours, cette toute jeune FMF se soumit à la prépondérance de l’ACF sur toute pratique des sports mécaniques ! Nous sommes en 1913, pourparlers, menaces, marchandages, tractations finirent d’engloutir la FMF qui devint l’UMF, pour Union Motocycliste de France, toujours placée sous l’autorité de l’ACF.
Les relations Clubs-UMF se dégradèrent au fil de la décennie, notamment face à l’autoritarisme démesuré du Comité de Direction de l’UMF. Des résiliations d’adhésions apparurent dès la fin des années 1920. Nous étions dans une ère de réclamations, d’avertissements, de suspensions et même de procès !
En 1928, ce fut le Président de la Commission Sportive de l’ACF qui fut nommé Président de l’UMF. En 1931, on nota l’apparition de Ligues Régionales qui remplacèrent les Clubs Chefs de Zone. Durant le milieu des années 1930, on pourrait presque parler de « pirates », avec la Fédération Motocycliste de l’Est ou l’Amicale Motocycliste de France qui luttaient contre l’UMF.
C’est en pleine « Seconde Guerre Mondiale » que se dessina l’acronyme FFM dans des délibérés de l’UMF ! En fait ce ne sera qu’en 1945 que l’UMF deviendra solennellement la Fédération Française de Motocyclisme, mais toujours sous le joug de l’ACF qui restait majoritaire au Comité de Direction !
En 1955, celle que nous avons connu sous le diminutif de « Fédé », se libérera définitevement de son asservissement à l’ACF, sous la demande pressante du Ministère de l’Intérieur.

mes sources :
- Panorama Administratif de la FFM de 1913 à 1992 par Paul Sperat-Czar, documents digitalisés par Le Grenier de Jean-Pol
- Documents de Josy et François Jolly

Ce que les motocyclistes racontent...

Et, ce qu'ils se répondent !

  • message 001 - novembre 2017

    de Fanfan26 Aussi, je comprends mieux aujourd'hui d'où vient l'autoritarisme de la FFM dont on a eu à subir les foudres surtout dans les années 70.
    Résultats la naissance des moto-clubs pirate,plus de 200 encore en France aujourd'hui.
    Son autonomie a vu le jour grâce au Ministère de l'Intérieur à l'époque et je ne suis pas étonné qu'aujourd'hui elle est bien silencieuse pour préserver sa délégation ministérielle sur toutes les activités motocyclistes au détriment de la défense du motard pour laquelle le relais aurait du être pris par la Fédération française des motards en colère (FFMC) : la circulation inter-files le contrôle technique les vêtements rétro-réfléchissants les infrastructures routières le bridage à 100 chevaux les interdictions de circuler en ville (ZCR, ZAPA, PAA...) le stationnement des 2 Roues Motorisées l'inflation sécuritaire (les règlements inutiles) le circuit Carole Éducation Routière de la Jeunesse (ERJ) etc.
    Laquelle FFMC, il y a plus de 30 ans,a vu le jour grâce à la mobilisation des motos clubs pirate, en grande partie,entre autre pour la suppression de la vignette moto.
    Bonne soirée,amicalement,Francis